Déjeuner rapide dans la chambre, puis j’ai pris le temps de tout ranger avec soin

Déjeuner rapide dans la chambre, puis j’ai pris le temps de tout ranger avec soin. Quand on voyage seul à vélo, chaque objet a son importance : rien ne doit être perdu, rien ne doit être oublié. C’est la règle d’or.
Quitter Los Angeles n’a pas été simple. La ville se réveille tôt : feux rouges interminables, voitures qui filent vers le travail, circulation dense. Sans le GPS, on peut facilement se retrouver sur des routes à quatre voies, voire sur l’autoroute. Mais en avançant, la ville change de visage. Je suis arrivé dans les quartiers résidentiels : maisons impeccables, voitures brillantes devant chaque entrée. Plus on monte, plus les rues deviennent chères, silencieuses, presque suspendues au-dessus de la ville.
À midi, il faisait déjà 32°C. Avec le décalage horaire, le corps encaisse. Je me suis arrosé, j’ai ralenti. Aujourd’hui, c’était une journée de réglage : 60 km, pas plus. Laisser le corps s’habituer.
Sur la route, beaucoup de Mexicains m’ont parlé en voyant mon maillot. Je leur ai dit que je soutiens l’équipe du Maroc. Ils m’ont répondu en souriant : « Nous, c’est le Mexique ! » Une petite guerre sportive, amicale, pleine de respect.
Et c’est normal : Los Angeles est une ville profondément mexicaine.
Historiquement, la région appartenait au Mexique jusqu’en 1848. Les familles sont restées, d’autres sont arrivées. Aujourd’hui, les Mexicains sont partout : policiers, pompiers, ingénieurs, commerçants, chauffeurs, artistes. Ils sont intégrés, présents, essentiels. C’est ce qui fait de Los Angeles une ville cosmopolite, où l’on entend toutes les langues, où les cultures se mélangent sans s’effacer.
Dans une station-service, des pompiers m’ont félicité pour mon parcours. Mais l’eau est chère : 3 dollars la bouteille, contre 1 dollar au supermarché. Et les supermarchés ici… immenses, presque des cathédrales. Les fruits et légumes y sont un luxe. La climatisation est tellement forte qu’on peut tomber malade si on n’a pas l’habitude.
Un moment m’a touché :
À l’hôtel, une jeune femme travaillait à la réception. Il n’y avait plus de chambres disponibles. Elle a pris son téléphone, a appelé un autre établissement, et m’a trouvé une adresse. Un geste simple, mais d’une grande gentillesse. Quand on voyage, on réalise qu’il y a des gens bien partout. Il ne faut jamais généraliser un pays.
J’ai arrêté ma journée à 17h. Petit tour au supermarché, puis repos.
Demain, j’attaque la montagne et le désert. Là, il va y avoir du sport. Mais je ne vais pas me plaindre : c’est pour ça que je suis là.
La Coupe du monde approche. J’écouterai les matchs sur mon téléphone, peut‑être même que j’en verrai un à la télé. La route continue.

Déjeuner rapide dans la chambre, puis j’ai pris le temps de tout ranger avec soin

PARTENAIRES