
Ce matin à New York, j’ai été reçu par Monsieur le Consul du Royaume du Maroc, Mohamed Ait Bihi, avec un accueil chaleureux et un verre de thé à la menthe. Trois mois d’absence loin de chez moi, et ce moment m’a profondément touché !
New York. Après soixante‑sept jours de route et cinq mille huit cents kilomètres parcourus entre Los Angeles et la côte Est, j’ai posé cet après‑midi mon vélo dans cette ville immense qui ne dort jamais. La traversée touche à sa fin, et je sens encore dans mes jambes la discipline quotidienne, la patience, le courage, et cette chance incroyable d’avoir échappé aux accidents, aux maladies, aux caprices de la nature.
J’ai crevé sur la route, un clou a percé ma roue, et j’ai réparé mon vélo là où j’étais, au bord de la chaussée, avec les voitures qui passaient et la chaleur de l’après‑midi. Pendant que je réparais, des policiers se sont arrêtés, ils ont demandé si j’avais un problème, j’ai répondu que non, rien de grave, j’ai pris une photo avec eux, un moment simple dans cette longue aventure.
Ce soir, j’ai atteint Palmer Heights, en Pennsylvanie, sur mon parcours entre Los Angeles et New York. À mon arrivée dans la ville, mon pneu a commencé à se dégonfler. J’ai sorti mon portable pour chercher un hôtel, mais avant d’y parvenir, un cycliste américain en gravel bike s’est arrêté près de moi. Il croyait que j’étais perdu et m’a posé des questions pour m’orienter.
Aujourd’hui une petite étape de 65 kilomètres, New York n’est plus qu’un souffle devant moi, je pourrais terminer demain mais je ralentis volontairement comme si je voulais retenir les derniers instants de cette aventure. Le soleil brillait puis une petite pluie est tombée sans prévenir, je n’ai même pas mis mon K‑Way, je n’en avais pas besoin.
Ce matin encore, les montagnes des Appalaches m’ont fait souffrir. Elles ne lâchent jamais, elles testent l’homme, elles veulent savoir si tu mérites vraiment d’arriver à New York. J’ai roulé 75 km aujourd’hui, sous une chaleur lourde qui colle au corps. Pendant que je pédalais, j’écoutais le Tour de France féminin. Les filles ont souffert de la chaleur, je le comprends tellement.
Ce matin, quand le GPS m’a indiqué 95 km tout droit, j’ai ressenti un vrai soulagement. Une ligne droite, c’est moins de stress : pas besoin de surveiller chaque croisement, chaque virage. Je pouvais écouter la radio tranquillement, le Tour de France féminin, un peu de formation sur Apple Music… Une pause dans la tension du voyage. Ce voyage reste un stress permanent.
Ce matin, à 5h30, j’ai mangé un plat de pâtes avant de reprendre la route à 6h15. Le corps encore endormi, les jambes lourdes, et pourtant il fallait attaquer une montée de quarante minutes dès le départ. Le brouillard enveloppait tout, comme si la route voulait me tester une fois de plus. L’après‑midi a été plus douce, moins de dénivelé, un terrain plus respirable.
Aujourd’hui, c’est mon soixantième jour sur les routes américaines. Deux mois que je traverse ce pays immense, exigeant, parfois dur, mais toujours surprenant. L’Amérique ne se laisse pas traverser facilement. Elle demande de la patience, de la force, et un mental solide. Je suis maintenant dans les montagnes des Appalaches.
Ce matin, au petit déjeuner de l’hôtel, une jeune Marocaine qui travaille dans la cuisine a remarqué le drapeau du Maroc sur mes vêtements. Son sourire a illuminé la salle. On a parlé un moment, comme si le voyage créait des ponts invisibles entre les gens. Ces petites rencontres donnent de la force, surtout dans une traversée aussi longue.
Monsieur Barry Henck et son épouse m’ont préparé un bon petit déjeuner : une omelette et des pancakes nappés de sirop d’érable du Canada. Ils m’ont offert beaucoup de nourriture, mais je n’en ai pris qu’un peu. Leur accueil restera un souvenir précieux.
Aujourd’hui, j’ai parcouru 50 kilomètres. En fin d’après‑midi, je me suis arrêté devant une maison pour vérifier la route sur mon téléphone. Un homme est sorti, accompagné de son frère. Intrigué par mon voyage, il m’a posé des questions, puis m’a invité à entrer. À l’intérieur, il m’a présenté sa famille. Ils m’ont offert à boire et m’ont proposé de rester dormir. J’ai accepté avec gratitude.
Après avoir traversé Californie, Arizona, Nouveau‑Mexique, Texas, Oklahoma, Missouri, Illinois, Indiana, Ohio, je suis arrivé au 10ᵉ État : la Pennsylvanie, avant la destination finale, New York. Aujourd’hui, le menu : la route remonte, un bruit constant, 70 % de pluie. Les plaques d’encouragement, la plaque indique que j’arrive à la 10ᵉ étape : la Pennsylvanie.
102 kilomètres aujourd’hui. Une journée idéale, température parfaite, lumière douce. Je roulais en observant les cultivateurs déjà au travail, toujours matinal, toujours debout avant le soleil. J’ai une admiration profonde pour eux. Leur monde, je le connais bien : en France, je courais autour de chez moi, 60 kilomètres à la ronde, je connaissais chaque ferme, chaque famille. Je m’arrêtais pour discuter, ils me donnaient de l’eau, et je repartais.
Ce matin, j’ai quitté Columbus, cette grande capitale de l’Ohio, pleine d’immeubles, de jeunesse, d’universités et d’industrie. Une ville qui bouge, mais une ville compliquée à traverser à vélo. Les feux rouges, les voitures, les camions… j’étais collé au bord de la route, sans espace, c’était vraiment dangereux.
Aujourd’hui, j’ai parcouru 75 km et j’ai terminé ma route à midi, ce qui m’a permis de profiter d’un après‑midi de repos. La route n’était pas trop difficile. J’ai croisé des chevaux et pris le temps de faire une photo. Je me suis arrêté dans une station‑service. Ici, aux États‑Unis, ces lieux jouent un rôle essentiel pour les voyageurs...
Courage, la route continue de dérouler son ruban sous mes roues. Je traverse les États‑Unis à vélo, depuis Los Angeles jusqu’à New York, et aujourd’hui j’ai roulé dans l’Ohio, cet État calme, simple, traversé par ces longues routes droites qui donnent l’impression d’avancer dans une Amérique profonde, authentique, sans maquillage. La Route 66 est derrière moi depuis quelques jours.
Ce matin, j’ai quitté Indianapolis de bonne heure. La US‑40 s’est ouverte devant moi comme une grande ligne droite, large, quatre voies, avec un passage parfait pour le vélo. Devant moi, le GPS m’indiquait 80 km tout droit, et ça m’arrangeait : ça me permettait de me concentrer sur ce que j’écoutais à la radio, tranquille, sans penser à la direction, parce que je savais que je ne pouvais pas me perdre.
Je me suis réveillé à 4h30, encore marqué par le changement d’heure qui m’avait enlevé une partie de la nuit. À peine debout, le téléphone a sonné. Un appel de la famille. Quelques secondes de silence, puis la phrase qui vous arrache le cœur : ma grande sœur est morte. Tout le monde connaît ce moment où une triste nouvelle tombe d’un coup, surtout quand elle touche quelqu’un de très proche. Le monde se fige, même si la route, elle, continue devant vous.
Après avoir traversé Californie → Arizona → Nouveau‑Mexique → Texas → Oklahoma → Missouri → Illinois, aujourd’hui je suis arrivé dans mon 8ᵉ État : l’Indiana. 124 km aujourd’hui, et je suis content, parce qu’il y a un chiffre 4, et ça tombe bien : ma petite fille a quatre ans aujourd’hui. J’ai fait une petite vidéo pour lui souhaiter bon anniversaire, et elle m’a répondu avec une petite vidéo aussi. La magie du téléphone, même au milieu de la route.
Après une journée de repos, j’ai repris la route avec une longue ligne droite de 145 km à travers l’Illinois. À peine une demi‑heure après mon départ, la pluie s’est mise à tomber, une vraie pluie continue, dense, qui a duré presque deux heures. Et pourtant… quelle sensation. Cette pluie n’était pas celle qui détruit ou qui menace, mais une pluie douce, régulière, presque bienveillante. Une bénédiction sur la route. Elle tombait comme pour laver la fatigue, comme pour me rappeler que la route n’est jamais la même, qu’elle change, qu’elle surprend.
Ce matin, quand je quitte le Pen, je vais à la réception pour récupérer les cinquante dollars de caution. Je donne ma carte, et on me dit qu’il faut attendre neuf heures, que la responsable n’est pas encore là. Je leur dis que ce n’est pas possible, que je suis en vélo, que j’ai cent vingt‑quatre kilomètres à faire. Je demande le numéro du manager, j’insiste, je ne lâche pas. Finalement, après avoir parlé avec tous les employés, ils finissent par me rendre mes cinquante dollars. Je sors, je mets mon pantalon, et c’est là que je vois qu’il est déchiré.
Aujourd’hui, j’ai roulé sous un ciel gris, un gris qui m’a accompagné comme une protection naturelle. Les nuages formaient un toit au‑dessus de moi, et une petite pluie est tombée pendant mon parcours, une pluie fine qui m’a rafraîchi un peu, juste ce qu’il fallait pour me donner un souffle nouveau sans rendre la route dangereuse. Je suivais la Route 66, parallèle à l’autoroute, et je voyais défiler des milliers de camions, des monstres puissants qui montent les pentes comme des voitures, silencieux parfois, bruyants d’autres fois, mais toujours impressionnants.
La chaleur aujourd’hui… une chaleur lourde, humide, qui colle à la peau comme dans l’Amazonie, comme en Martinique, à la Réunion, en Guadeloupe, en Thaïlande. J’ai couru dans tous ces pays pour comprendre l’humidité, mais ici elle est au maximum. La différence, c’est que je ne suis pas en compétition. Je peux m’arrêter quand je veux, ralentir, accélérer, écouter mon corps. C’est un luxe rare. Les stations‑service deviennent mes oasis. De l’eau fraîche, un peu de salé, un peu de sucré, une boisson énergétique.
Aujourd’hui, j’ai roulé 124 km. Une longue journée sur des petites routes serrées, entourées de forêt. Les oiseaux étaient là du matin au soir, comme si je traversais leur territoire. La chaleur était lourde, humide, presque tropicale. Par moments, j’avais l’impression d’être en Guadeloupe. Certaines portions étaient vraiment dangereuses. Les camions passaient trop près, les routes n’avaient presque pas d’espace pour un vélo. Dans ces moments‑là, il ne faut pas penser au chien qui pourrait surgir, ni au trou qui pourrait te faire dévier. Il faut rester droit, concentré, avancer.
Je quitte ma chambre après avoir vérifié deux fois que je n’ai rien oublié. C’est devenu un geste automatique, presque une protection. Une fois la porte fermée, je suis déjà sur la Route 66, prêt pour une nouvelle journée. La route ressemble à celle d’hier, mais elle n’arrête pas de monter. La chaleur est lourde, humide, presque collante. Je sens que je dois boire davantage de boisson énergétique pour tenir. Autour de moi, le paysage est magnifique : des arbres solides, des champs verts, le foin déjà ramassé et posé en rouleaux comme un tableau rural prêt pour l’hiver.
Je suis parti tôt ce matin de Tulsa, encore porté par la belle journée passée avec mon ami Amir. La veille, nous avions roulé ensemble dans la ville, découvrant ses parcs, ses pistes cyclables, son énergie tranquille. Tulsa a ce charme particulier des villes qui ont grandi avec le pétrole, la musique et la Route 66. Amir, lui, incarne à sa manière le rêve américain. Ancien athlète marocain, il a choisi de rester ici après ses compétitions. Il est marié à une Américaine, a un fils de dix ans, un petit garage sur la Route 66, une maison, un appartement… et un rêve qui le fait avancer...
Il y a des jours comme ça où tout commence bien. J’ai passé une bonne nuit, je me suis réveillé content de reprendre la route, et à six heures du matin j’étais déjà dehors. La lumière était douce, la route belle, et j’ai commencé à traverser Tulsa alors que la ville s’éveillait à peine. À cette heure-là, seuls ceux qui font tourner le pays sont debout : les travailleurs qui partent tôt, les jardiniers qui coupent l’herbe avant la chaleur, les employés qui s’arrêtent prendre un café dans les stations-service. J’ai fait comme eux.
Aujourd’hui, j’ai parcouru 105 km sur la Route 66. Le chemin m’a offert des images singulières : un petit village où des vélos fleuris semblaient m’accueillir comme un compagnon de route. Plus loin, des chevaux m’ont observé, intrigués par cet étrange voyageur affrontant la chaleur brûlante. Finalement, j’ai atteint Tulsa et trouvé mon petit hôtel, juste à temps pour regarder la deuxième mi-temps du match France–Espagne. L’Espagne a imposé sa puissance, et la France a perdu son rythme. C’est la loi du sport : parfois, une équipe se heurte à plus forte qu’elle.
J’ai passé une nuit comme on en rêve quand on traverse un pays à vélo. Je me suis endormi d’un coup, la lumière restée allumée, comme si j’avais glissé dans un sommeil profond, presque un coma doux. Quand j’ai ouvert les yeux, il était 4h45. Hier, j’avais mal aux jambes, j’étais fatigué, tout tirait. Ce matin, plus rien. Une demi‑heure d’étirements, et je sentais que le sommeil avait réparé ce que la route avait abîmé. C’est fou comme le corps se reconstruit quand on lui donne juste quelques heures de paix.
Quand j’ai pris le départ ce matin, la route était encore mouillée : il avait plu toute la nuit. Le ciel restait menaçant, mais pas de peur, il fallait avancer. La nature avait besoin de cette eau. Je me suis lancé sur la Route 66, comme marié à cette route. Après quarante minutes d’orage, la pluie — vous n’allez pas me croire — m’a fait du bien, à condition qu’elle ne dure pas toute la journée. Par endroits, la chaussée était inondée, de grandes flaques coupaient la route. Puis, quelques heures plus tard, tout s’est arrêté : le soleil a fait son apparition, et voilà de nouveau la chaleur écrasante.
Je suis officiellement rentré dans l’Oklahoma. J’ai traversé des plaines immenses. Des lignes droites à l’infini. Des vaches, des chevaux, et cette chaleur qui ne m’a pas lâché d’un mètre. Elle tape, elle aveugle. attaquer par des chiens aujourd’hui. En écoutant le Tour de France : les premiers ont fait 180 km en 3h56. Moi il me faut 12h pour 160 km. Chacun son rythme. Chacun son combat.
Un plat de pâtes à cinq heures du matin, c’est ce qu’il faut pour affronter les 135 kilomètres du jour. La route s’est ouverte dans le désert, et très vite les champs pétroliers ont commencé à apparaître. Des petites pompes partout, plantées dans la poussière, qui montent et qui descendent comme des têtes fatiguées. Depuis un siècle, ces machines ont fait la richesse du Texas. Les premiers grands gisements ont été découverts dans les années 1920, et depuis, le paysage n’a jamais cessé de vibrer au rythme du pétrole.
Aujourd’hui j’ai fait 109 km en 4h30. Je suis arrivé dans un petit village sur la Route 66 qui s’appelle Groom. Ici il y a 500 habitants, des champs à perte de vue, et une immense croix de 58 mètres plantée en 1995 juste à côté de l’autoroute. C’est pour ça que les gens s’arrêtent. Pour voir la croix, pour se recueillir, pour prendre une photo. Autour il y a un petit chemin de croix et une crèche grandeur nature. Groom est né en 1902 avec le chemin de fer. Il a vécu avec la Route 66, puis il s’est endormi quand l’I-40 est arrivée.
Repos forcé aujourd’hui. Le corps l’a exigé, et j’ai fini par céder. Après tant de kilomètres avalés, il fallait un jour pour souffler, pour remettre de l’ordre dans les muscles, dans la mécanique, et dans l’esprit. Ce matin, j’ai reçu un appel qui m’a donné de la force. Madame Chafika El Habti, Consul du Royaume du Maroc à Miami, m’a encouragé dans mon aventure. Elle m’a assuré qu’à mon arrivée à New York, elle me mettrait en contact avec le Consul du Maroc là-bas. Une parole simple, mais qui porte loin quand on traverse un pays entier sur un vélo.
Après une journée de repos et la révision de mon vélo, j’étais heureux de remonter sur mon cheval d’acier. Le désert, toujours le désert… mais aujourd’hui, un peu plus de verdure à l’horizon. À la fin, le vent était derrière moi, et j’ai roulé sans difficulté.Je pensais déjà au match de jeudi. J’aimerais prendre un jour de repos pour le regarder. Alors j’ai poussé fort
Je me suis accordé un jour de repos aujourd’hui. Après vingt‑huit jours de route depuis Los Angeles, il fallait laisser le corps souffler un peu et vérifier le vélo. Je roule pour traverser les États‑Unis jusqu’à New York, pour soutenir le Maroc et la Coupe du Monde 2030 organisée avec l’Espagne et le Portugal. Ce matin, je suis passé chez Robert.
La route est droite, presque plate, mais la chaleur ne pardonne pas. Même un dimanche, les camions traversent le Nouveau‑Mexique comme si c’était un jour normal. Après 60 km, je m’arrête dans une station pour acheter à boire. Je ressors… mon vélo a une crevaison. J’ai dit : ce n’est pas possible. Sous cette chaleur, ça tombe mal. Je répare, je reprends la route.
Très difficile de me réveiller ce matin. Le sommeil était lourd, accroché à mes paupières, mais il fallait repartir tout de suite. Une fois sur le vélo, j’étais déjà dans le désert, seul, sur une route qui ne descendait pas : elle montait, elle descendait, comme des vagues dans la mer, un mouvement qui fatigue le corps et joue avec le moral.
Encore une belle journée. Ce matin, quelques gâteaux, une banane, des litres d’eau, et c’est reparti dans le désert. Une ligne droite qui coupe le moral, un paysage tout plat, le sel partout dans la nature, comme si la terre elle-même séchait sous la chaleur. Quelques vaches noires, immobiles, plantées dans ce décor brûlant. La chaleur, elle, ne discute pas : elle frappe.
Distance du jour : 140 km. La nuit dernière, j’ai dormi dur, comme si mon corps avait enfin trouvé un refuge. J’ai bien fait : je savais que le lendemain, il faudrait m’occuper du vélo, et que la journée serait longue. Au réveil, j’ai découvert les messages de Youness : le maillot du Maroc, signé par les joueurs. Un coup de lumière. Ils ont pensé à moi, à ma traversée.
Belle étape sur la Route 66. À une station, j’ai rencontré deux jeunes cyclistes américains qui roulaient en sens inverse. On a échangé quelques mots avant que chacun reprenne sa route. Ensuite, j’ai traversé une portion totalement isolée : aucune circulation, personne sur des kilomètres. Une piste fantôme, abîmée
La nuit, c’est elle qui a lancé ma journée. Avant d’arriver à Grants, j’étais encore dehors, seul dans le désert du Nouveau‑Mexique. La pleine lune éclairait tellement que ma frontale ne servait à rien. Sans la bâche extérieure, ma tente était juste un cadre posé sous le ciel. Quelques voitures passaient au loin, un trait de lumière, puis le silence reprenait sa place.
Après une journée sans rouler, j’ai récupéré mon vélo entièrement révisé. Le mécanicien, ancien cycliste professionnel, a été très gentil : pneus neufs, réglages précis, tout était prêt. Je suis reparti vers midi sur la Route 66. Les paysages du Nouveau-Mexique changeaient sans arrêt
Il y a des jours comme ça… on prend les choses comme elles viennent, parce qu’on n’a pas le choix. Ce matin, j’étais content de me réveiller à 4h. À 5h15, j’étais déjà sur le vélo, juste avant le lever du jour. À la sortie du village : crevaison. Je répare, mais je sens que quelque chose cloche. C’est l’axe central de la roue avant.
La veille, dans la chambre d’hôtel, j’avais réparé tous les chambreurs de mon vélo pour être tranquille sur la route. Ce matin, en me réveillant, le vent soufflait autour de 15 km/h, avec des rafales à 25. Heureusement, il poussait dans le bon sens. Sur une longue ligne droite, ça change tout. J’ai profité de cette aide pour avancer tôt, avant que la chaleur ne s’installe complètement.
Aujourd’hui, je voulais simplement un peu de calme sur la piste. J’ai crevé cinq fois, toute la journée, comme si la route voulait me tester. Le cerveau saturé, mais une sorte d’harmonie malgré tout, un fil qui reliait chaque incident au voyage lui‑même.
Je traverse les États‑Unis à vélo, de Los Angeles à New York, pour soutenir l’équipe du Maroc pendant la Coupe du monde. Aujourd’hui, à Atlanta, j’ai vécu une journée que je n’avais pas prévue.
J’ai déjà parcouru presque 1000 km sur la Route 66 à vélo. Mon vélo est resté là‑bas, sur la route, et je dois le reprendre après le match. Aujourd’hui, j’ai pris l’avion de Phoenix jusqu’à Atlanta pour assister au match de l’équipe du Maroc mercredi soir. Depuis le hublot, je voyais le désert. Il me fait toujours réfléchir, et je me dis que j’ai de la chance d’avoir la santé pour faire ce voyage.
Je n’ai pas roulé aujourd’hui, car hier soir, j’ai reçu une invitation exceptionnelle de Younès El Aynaoui, immense champion marocain, figure emblématique du tennis mondial, connu pour son élégance, sa force mentale et son parcours remarquable.
Je suis parti presque froid, comme si le corps n’avait pas encore compris ce que l’esprit exigeait de lui. J’ai roulé six heures, cent vingt kilomètres de ligne droite, dans un paysage qui semblait arraché à une autre planète. Le désert rouge s’étendait sans fin. l’ambassadeur du Maroc à Pékin, qui m’a envoyé une vidéo de la sortie du livre Salaud de Pékin.
Aujourd’hui, c’était ma journée de repos. Je me suis réveillé à 8h30, sans réveil, juste avec le plaisir de dormir un peu plus longtemps. Je suis allé au supermarché acheter un pain au chocolat et un café, un petit luxe simple mais qui fait du bien.
Je trace la Route 66 en vélo solitaire, et aujourd’hui, ça a été bien chiant, soyons honnêtes. Le matin commence dans un diner rétro, serveurs usés par le temps, néons fatigués, murs couverts de voitures vintage et de motards Harley qui posent comme des légendes.
Aujourd’hui, j’ai roulé jusqu’à deux heures de l’après‑midi. La route chauffait déjà comme un four, l’asphalte brûlait sous mes roues, mais j’ai avancé, encore et encore, avec New York dans la tête et le Maroc dans le cœur.
Je roule pour supporter le Maroc. C’est ma mission, mon drapeau, mon énergie. Aujourd’hui, la route montait et descendait comme un accordéon. Rien de régulier. Ça tape, ça relance, ça casse les jambes. J’ai dansé avec la route toute la journée. Le soleil cognait, les paysages changeaient sans prévenir. Désert, collines, lignes droites interminables. C’était beau et dur en même temps.
Aujourd’hui, je rentre en Arizona. La route grimpe, la montagne se dresse devant moi : c’est le col le plus haut de tout mon voyage, plus de 3500 mètres. Mon cœur battait à fond, mes jambes, mes cuisses… elles ont vraiment souffert.
Quelques nouvelles depuis la Californie. Je traverse en ce moment l’une des régions les plus chaudes et les plus dangereuses d’Amérique du Nord, autour de Needles, au cœur du désert de Mojave. Ici, il n’y a rien : pas d’ombre, pas de villages, juste des routes droites qui coupent un désert brûlant. Les températures montent facilement à 44–48°C, parfois plus. Même la nuit, il fait plus de 30°C.
Aujourd’hui, c’était la journée la plus chaude depuis le départ. J’ai parcouru 65 km sous une chaleur écrasante. À 13h, je me suis arrêté à l’ombre, mais le vent était brûlant et il était impossible de se reposer.
Et cette troisième étape l’a prouvé : rien à voir avec la deuxième. La veille, la montagne m’avait cloué au sol. J’étais scotché, incapable d’avancer, le corps vidé. Aujourd’hui, au contraire, j’ai retrouvé la forme. Pourtant, c’était encore la montagne. Mais cette fois, mon corps a répondu, malgré la difficulté. Neuf litres d’eau, et je suis monté comme une horloge.
Aujourd’hui, mercredi 10 juin, j’ai vécu l’une des journées les plus intenses depuis mon départ. Après avoir quitté Maka Bana, j’ai roulé une trentaine de kilomètres sur une magnifique piste cyclable bordée de pavillons américains.
Déjeuner rapide dans la chambre, puis j’ai pris le temps de tout ranger avec soin. Quand on voyage seul à vélo, chaque objet a son importance : rien ne doit être perdu, rien ne doit être oublié. C’est la règle d’or.
Je fais partie des tout premiers passagers à avoir effectué le vol Casablanca → Los Angeles, une nouvelle ligne historique qui relie directement le Maroc à la côte ouest des États‑Unis