Los Angeles - New York

Groupe RAHAL, Hemolab ET TGCC

J’ai déjà parcouru presque 1000 km sur la Route 66 à vélo. Mon vélo est resté là‑bas, sur la route, et je dois le reprendre après le match. Aujourd’hui, j’ai pris l’avion de Phoenix jusqu’à Atlanta pour assister au match de l’équipe du Maroc mercredi soir. Depuis le hublot, je voyais le désert. Il me fait toujours réfléchir, et je me dis que j’ai de la chance d’avoir la santé pour faire ce voyage.

Je n’ai pas roulé aujourd’hui, car hier soir, j’ai reçu une invitation exceptionnelle de Younès El Aynaoui, immense champion marocain, figure emblématique du tennis mondial, connu pour son élégance, sa force mentale et son parcours remarquable.

Je suis parti presque froid, comme si le corps n’avait pas encore compris ce que l’esprit exigeait de lui. J’ai roulé six heures, cent vingt kilomètres de ligne droite, dans un paysage qui semblait arraché à une autre planète. Le désert rouge s’étendait sans fin. l’ambassadeur du Maroc à Pékin, qui m’a envoyé une vidéo de la sortie du livre Salaud de Pékin.

Aujourd’hui, c’était ma journée de repos. Je me suis réveillé à 8h30, sans réveil, juste avec le plaisir de dormir un peu plus longtemps. Je suis allé au supermarché acheter un pain au chocolat et un café, un petit luxe simple mais qui fait du bien.

Je trace la Route 66 en vélo solitaire, et aujourd’hui, ça a été bien chiant, soyons honnêtes. Le matin commence dans un diner rétro, serveurs usés par le temps, néons fatigués, murs couverts de voitures vintage et de motards Harley qui posent comme des légendes.

Aujourd’hui, j’ai roulé jusqu’à deux heures de l’après‑midi. La route chauffait déjà comme un four, l’asphalte brûlait sous mes roues, mais j’ai avancé, encore et encore, avec New York dans la tête et le Maroc dans le cœur.

Je roule pour supporter le Maroc. C’est ma mission, mon drapeau, mon énergie. Aujourd’hui, la route montait et descendait comme un accordéon. Rien de régulier. Ça tape, ça relance, ça casse les jambes. J’ai dansé avec la route toute la journée. Le soleil cognait, les paysages changeaient sans prévenir. Désert, collines, lignes droites interminables. C’était beau et dur en même temps.

Aujourd’hui, je rentre en Arizona. La route grimpe, la montagne se dresse devant moi : c’est le col le plus haut de tout mon voyage, plus de 3500 mètres. Mon cœur battait à fond, mes jambes, mes cuisses… elles ont vraiment souffert.

Quelques nouvelles depuis la Californie. Je traverse en ce moment l’une des régions les plus chaudes et les plus dangereuses d’Amérique du Nord, autour de Needles, au cœur du désert de Mojave. Ici, il n’y a rien : pas d’ombre, pas de villages, juste des routes droites qui coupent un désert brûlant. Les températures montent facilement à 44–48°C, parfois plus. Même la nuit, il fait plus de 30°C.

Aujourd’hui, c’était la journée la plus chaude depuis le départ. J’ai parcouru 65 km sous une chaleur écrasante. À 13h, je me suis arrêté à l’ombre, mais le vent était brûlant et il était impossible de se reposer.

Et cette troisième étape l’a prouvé : rien à voir avec la deuxième. La veille, la montagne m’avait cloué au sol. J’étais scotché, incapable d’avancer, le corps vidé. Aujourd’hui, au contraire, j’ai retrouvé la forme. Pourtant, c’était encore la montagne. Mais cette fois, mon corps a répondu, malgré la difficulté. Neuf litres d’eau, et je suis monté comme une horloge.

Aujourd’hui, mercredi 10 juin, j’ai vécu l’une des journées les plus intenses depuis mon départ. Après avoir quitté Maka Bana, j’ai roulé une trentaine de kilomètres sur une magnifique piste cyclable bordée de pavillons américains.

Déjeuner rapide dans la chambre, puis j’ai pris le temps de tout ranger avec soin. Quand on voyage seul à vélo, chaque objet a son importance : rien ne doit être perdu, rien ne doit être oublié. C’est la règle d’or.

Je fais partie des tout premiers passagers à avoir effectué le vol Casablanca → Los Angeles, une nouvelle ligne historique qui relie directement le Maroc à la côte ouest des États‑Unis

PARTENAIRES