La route est droite, presque plate, mais la chaleur ne pardonne pas. Même un dimanche, les camions traversent le Nouveau‑Mexique comme si c’était un jour normal. Après 60 km, je m’arrête dans une station pour acheter à boire. Je ressors… mon vélo a une crevaison. J’ai dit : ce n’est pas possible. Sous cette chaleur, ça tombe mal. Je répare, je reprends la route.
Le désert continue, long, silencieux. Au loin, on sent déjà que je me rapproche du Texas, cet État immense avec ses plaines, ses ranchs et ses routes qui semblent ne jamais finir. Encore quelques jours et j’y entrerai.
J’arrive à Clovis, juste avant l’orage. Le ciel devient noir, la pluie tombe d’un coup, le vent se lève, une vraie petite tempête. Heureusement, je suis arrivé à temps, à l’abri. Ce soir, il faudra réparer les chambres à air.
Clovis, c’est une petite ville posée au bord du désert, connue pour ses trains, ses ranchs, et surtout pour son histoire musicale. C’est ici, dans les studios de Norman Petty, que Buddy Holly a enregistré plusieurs chansons qui ont marqué le rock américain. Une ville tranquille, mais avec un morceau d’histoire dans ses rues.
Le Brésil est éliminé, moi je continue. Mes jambes ont traversé la Californie, l’Arizona, le Nouveau‑Mexique, et bientôt un nouvel État sur ma route vers New York.
À Clovis, je regarde les photos de ma petite‑fille comme l’autre jour. Je reçois les messages vocaux de mon petit‑fils sur WhatsApp. Tous les jours, je parle avec ma femme. Ça me fait avancer, ça me donne des encouragements. Tic‑tac, un jour de plus. Demain, une autre étape.
