Il y a des jours comme ça où tout commence bien. J’ai passé une bonne nuit, je me suis réveillé content de reprendre la route, et à six heures du matin j’étais déjà dehors. La lumière était douce, la route belle, et j’ai commencé à traverser Tulsa alors que la ville s’éveillait à peine. À cette heure-là, seuls ceux qui font tourner le pays sont debout : les travailleurs qui partent tôt, les jardiniers qui coupent l’herbe avant la chaleur, les employés qui s’arrêtent prendre un café dans les stations-service. J’ai fait comme eux. Dans ces stations, il y a de tout : du café brûlant, de la nourriture chaude, des gens pressés qui prennent leur gobelet et repartent manger dans leur voiture ou dans leur bureau. J’adore cette ambiance du matin. Partout dans le monde, c’est la même énergie silencieuse : les gens qui se lèvent tôt, qui avancent, qui construisent. On ne parle pas beaucoup, mais on sait pourquoi on est là. L’avenir appartient à ceux qui se lèvent tôt, et moi, sur mon vélo, je fais partie de cette famille-là.
À la sortie de la ville, tout s’est arrêté d’un coup : pneu éclaté, impossible d’avancer. Par chance, un Marocain, Amir, qui me suit sur les réseaux sociaux, m’avait invité la veille. Il habite exactement dans la ville où je suis tombé en panne. Je l’ai appelé, il est venu immédiatement. Il m’a emmené dans un premier magasin de vélos, puis un deuxième. J’ai trouvé un pneu, j’en ai acheté un autre de secours. Ensuite, il m’a donné un appartement pour me reposer, il m’a invité au restaurant. Me voilà en repos forcé chez lui, accueilli comme un frère. La solidarité marocaine, partout dans le monde, ne s’invente pas. Elle se vit. Encore une fois, la preuve en Oklahoma. Merci Amir, très bonne personne. Je le dis souvent : partout sur la planète, il y a des gens gentils, et on reçoit ce qu’on donne.
Demain, je reprends la route direction Chicago. Ce tronçon est difficile : chaleur humide, vent, tempêtes, grêlons, pluie forte, beaucoup de voitures, longues distances, routes parfois abîmées, même les chiens qui surgissent. J’avance doucement, mais j’avance. Ce soir, j’ai regardé le match Argentine–Angleterre depuis l’appartement d’Amir. Un beau match. Je pensais que les Anglais allaient gagner, mais les Argentins ont été très forts à la fin. Cette Coupe du Monde est incroyable. Les meilleurs sont toujours là au bout.
Et moi, je continue ma mission : promouvoir la Coupe du Monde 2030 organisée par le Maroc, l’Espagne et le Portugal. Que la force soit avec vous.
