Je me suis réveillé à 4h30, encore marqué par le changement d’heure qui m’avait enlevé une partie de la nuit. À peine debout, le téléphone a sonné. Un appel de la famille. Quelques secondes de silence, puis la phrase qui vous arrache le cœur : ma grande sœur est morte. Tout le monde connaît ce moment où une triste nouvelle tombe d’un coup, surtout quand elle touche quelqu’un de très proche. Le monde se fige, même si la route, elle, continue devant vous.
Après cet appel, je suis parti faire du vélo. Le matin était couvert d’un brouillard épais, une brume blanche qui avalait la route et les paysages. On voyait à peine quelques mètres. Je pédalais dans ce silence, avec la douleur dans la poitrine et la route qui s’ouvrait lentement devant moi.
La journée a continué sur une route étroite, presque pas de place pour les vélos. Les voitures frôlaient, les camions passaient près, et chaque kilomètre demandait de la concentration. En avançant, j’ai atteint Indianapolis. Je me suis arrêté pour réparer mon vélo : le câble de vitesse était abîmé, il fallait le changer pour pouvoir continuer la traversée sans problème. Une petite révision, un moment pour souffler, pour remettre la machine en état et pour reprendre mes esprits.
Plus tard, j’ai rejoint l’hôtel. Le ciel s’est assombri d’un coup. Une tornade dans les environs, le vent qui secouait les façades, les grands arbres qui bougeaient comme s’ils allaient se plier en deux. Ici, les orages sont violents, brutaux, ils arrivent sans prévenir. Heureusement que je n’étais pas dehors à ce moment-là.
Demain, je continue. Simplement. Avec la fatigue, avec le deuil, avec la route devant moi. Je garde le cap : Los Angeles → New York, un rêve à accomplir, un message à porter, et une pensée pour elle dans chaque coup de pédale.
Merci à tous pour vos condoléances et pour vos encouragements, ça me touche profondément et ça m’aide à avance
