Étape 51 : Coshocton, dans l’Ohio

Ce matin, j’ai quitté Columbus, cette grande capitale de l’Ohio, pleine d’immeubles, de jeunesse, d’universités et d’industrie. Une ville qui bouge, mais une ville compliquée à traverser à vélo. Les feux rouges, les voitures, les camions… j’étais collé au bord de la route, sans espace, c’était vraiment dangereux. Après une vingtaine de kilomètres, tout le monde a pris l’autoroute et j’ai enfin respiré.
Puis la route s’est ouverte sur la campagne, une longue ligne droite avec des montées et des descentes comme des montagnes russes. J’ai souffert, vraiment. Et comme souvent dans l’Ohio, j’ai vu des animaux écrasés : un cerf, un raton laveur, un opossum, et une marmotte américaine. La route ici traverse les forêts, les champs, et elle tue les animaux qui n’ont pas le temps de comprendre la vitesse des voitures. J’en ai poussé un vers l’herbe, juste pour qu’il ne reste pas au milieu du bitume.
Un Américain d’origine turque s’est arrêté, on a parlé un moment. Je lui ai dit que j’avais déjà traversé les États-Unis deux fois. Il m’a regardé avec respect.
Je termine ma journée à dix‑sept heures, après cent vingt‑et‑un kilomètres. Vu la difficulté, j’étais fier de moi.
Au début, j’ai traversé des petits villages avec des ronds‑points, ce qui est rare aux États-Unis. Peu de monde, beaucoup de forêt, des gens qui marchent tôt le matin. Puis la campagne vallonnée jusqu’à la fin.
Hier, un journaliste du département de l’Yonne m’a appelé pour faire un article.
Ce soir, je dors à Coshocton, une petite ville connue pour son histoire du papier et du verre. Je dois dormir tôt, mais j’ai eu du mal à me réveiller ce matin. Tic ta à bientôt New York 
« La route ne récompense pas la force, mais la persévérance.

Étape 51 : Coshocton, dans l’Ohio

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