Étape 52 : Cadiz, Ohio.

102 kilomètres aujourd’hui. Une journée idéale, température parfaite, lumière douce. Je roulais en observant les cultivateurs déjà au travail, toujours matinal, toujours debout avant le soleil. J’ai une admiration profonde pour eux. Leur monde, je le connais bien : en France, je courais autour de chez moi, 60 kilomètres à la ronde, je connaissais chaque ferme, chaque famille. Je m’arrêtais pour discuter, ils me donnaient de l’eau, et je repartais.
Aujourd’hui, je suis à vélo, mais les cultivateurs restent les mêmes partout : en Italie, au Maroc, ici dans l’Ohio. Ils nourrissent le monde, ils connaissent la nature mieux que personne, ils sont là quand la terre souffre, quand les feux de forêt menacent.
Le lac et les bateaux
Je longeais Tappan Lake, un grand lac artificiel créé dans les années 1930. Il s’étire sur près de 9 kilomètres, entouré de collines boisées. Sur l’eau, j’ai vu des bateaux glisser lentement, des familles en promenade, des pêcheurs attentifs, des jeunes en jet-ski. Cette vie sur l’eau m’a rappelé combien les lacs sont des lieux de respiration pour les gens, un espace de liberté.
Moi qui ai traversé les déserts des États-Unis, j’ai ressenti un contraste fort : là-bas, l’absence d’eau, ici, son abondance. J’ai toujours aimé les bateaux et les navigateurs. Ils me fascinent, car ils avancent sur une surface mouvante, imprévisible, comme moi sur la rout
Sur le bitume, beaucoup de motos sans casque, musique à fond. Puis un cortège de voitures de sport : Ferrari et autres grandes marques. Elles m’ont doublé en file, sûrement un club automobile. C’était beau à voir, mais je n’ai pas eu le temps de prendre des photos.
Ce soir, je dors à Cadiz, petite ville tranquille du comté de Harrison, connue pour être la ville natale de Clark Gable. J’écoute le Tour de France féminin. Je suis triste pour les jeunes qui ont perdu la vie en essayant de passer la frontière espagnole. Les réseaux sociaux rendent fou, ils donnent des illusions, des faux rêves. Moi, j’ai fait des milliers de kilomètres en solitaire, mais toujours en restant informé grâce à la radio.
Demain, j’entre dans mon dernier État : la Pennsylvanie. Une frontière symbolique, la dernière avant New York
« L’eau et la route se ressemblent : elles portent ceux qui osent avancer.

Étape 52 : Cadiz, Ohio.

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