Ce matin, au petit déjeuner de l’hôtel, une jeune Marocaine qui travaille dans la cuisine a remarqué le drapeau du Maroc sur mes vêtements. Son sourire a illuminé la salle. On a parlé un moment, comme si le voyage créait des ponts invisibles entre les gens. Ces petites rencontres donnent de la force, surtout dans une traversée aussi longue.
Aujourd’hui, la route n’a pas été simple. Beaucoup de stress, des voitures qui frôlent, des camions qui grondent derrière moi. Les terrains étaient difficiles, irréguliers, parfois étroits. J’ai crevé une fois — c’est ça, le vrai voyage à vélo : la fatigue, les imprévus, mais aussi la satisfaction de continuer malgré tout.
Je me rapproche des montagnes d’Ammor, une zone vallonnée et boisée typique de la Pennsylvanie occidentale. Les montées sont longues, les descentes rapides, et la route serpente entre les forêts épaisses. C’est une région connue pour ses paysages ruraux, ses petites communautés, et son histoire liée aux mines de charbon qui ont façonné la vie locale pendant plus d’un siècle.
Ce soir, j’arrive à Blairsville, une petite ville fondée au début du XIXᵉ siècle. Elle a longtemps été un point stratégique pour le transport du charbon et du bois grâce à la rivière Conemaugh. Aujourd’hui, Blairsville garde un charme tranquille : maisons anciennes, rues calmes, et une culture locale attachée à la nature, aux rivières, et aux traditions des Appalaches.
Je dors ici ce soir, dans cette ville paisible, entouré de collines et de silence. Une étape de plus vers New York.
