Étape 60 : Frackville, Pennsylvanie

Ce matin encore, les montagnes des Appalaches m’ont fait souffrir. Elles ne lâchent jamais, elles testent l’homme, elles veulent savoir si tu mérites vraiment d’arriver à New York. J’ai roulé 75 km aujourd’hui, sous une chaleur lourde qui colle au corps. Pendant que je pédalais, j’écoutais le Tour de France féminin. Les filles ont souffert de la chaleur, je le comprends tellement. Moi, ça fait deux mois que je suis sur mon vélo, deux mois à avancer, à grimper, à lutter, à rêver.
Eux, le Tour masculin et le Tour féminin, ils ont terminé.
Moi, je continue, Seul, Sans massage, sans moto de fraîcheur, sans équipe autour. Juste mon corps, ma volonté, et ma Dame de fer.
Et pourtant, j’ai fait l’équivalent du Tour de France masculin et féminin, en solitaire. C’est fou quand on y pense. Mais ce voyage, c’est mon histoire, c’est mon livre, c’est mon rêve.
Aujourd’hui, j’ai vécu un moment qui m’a touché. Un Américain, avec une belle voiture, m’a vu avec ma plaque sur le vélo. Il s’est arrêté, il m’a regardé, et il m’a dit : « C’est pas possible que tu as fait tout ça avec ton vélo. »
Lui, avec sa voiture, n’a jamais parcouru une grande distance comme moi. Ce regard-là, cette phrase-là, c’est une médaille. Une vraie.
J’ai eu un petit problème mécanique avec la Dame de fer, mais rien de grave. Je l’ai réparé dans la chambre de l’hôtel, comme toujours. Elle, c’est le seul vélo au monde qui a parcouru Casablanca → Pékin, et maintenant Los Angeles → New York. Dans tous les hôtels, je la fais entrer avec moi dans la chambre.
En Europe, dans certains hôtels, ils n’aiment pas que je rentre mon vélo dans la chambre. Ils ne sont pas d’accord, ils refusent parfois. Ici, aux États‑Unis, c’est tout le contraire : ils ont toujours accepté que je monte avec mon vélo dans la chambre, sans poser de questions, sans problème. C’est une liberté qui fait du bien.
Incroyable ce qu’on peut faire avec un vélo. J’écris mon histoire en pédalant, avec le minimum d’affaires, le minimum de nourriture. J’avance. Le corps humain, c’est la meilleure machine du monde. Je l’ai déjà dit, je l’ai répété, et j’insiste encore : prenez soin de votre corps, il vous le rendra. Si vous voulez faire quelque chose, commencez petit. Petit devient grand. Toujours.
Je donne des conférences sur le goût de l’effort et le dépassement de soi, pour l’association Club Entreprise. Ce voyage extraordinaire, je le partagerai avec ceux qui veulent comprendre ce que signifie avancer, lutter, rêver. Si vous êtes intéressés, contactez-moi en privé.
Ce soir, je dors à Frackville, Pennsylvanie.
Tic-tac.
New York approche.
La fin aussi. Mais la fin d’un voyage, c’est toujours le début d’une histoire.

Étape 60 : Frackville, Pennsylvanie

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