J’ai crevé sur la route, un clou a percé ma roue, et j’ai réparé mon vélo là où j’étais, au bord de la chaussée, avec les voitures qui passaient et la chaleur de l’après‑midi.
Pendant que je réparais, des policiers se sont arrêtés, ils ont demandé si j’avais un problème, j’ai répondu que non, rien de grave, j’ai pris une photo avec eux, un moment simple dans cette longue aventure. Ils m’ont dit qu’il y avait un hôtel à deux kilomètres si j’en avais besoin.
Une fois la roue réparée, je suis parti vers l’hôtel, fatigué, relâché, vingt jours sans repos, les jambes qui tournent toutes seules, tic tac, tic tac, comme une horloge qui continue même quand le corps veut s’arrêter. Demain, encore 60 km pour atteindre New York. Sur la route, je regarde les maisons en bois, nombreuses, solides, vivantes, elles durent longtemps, elles abritent la vie, les enfants, les familles, elles respirent comme des souvenirs.
Quand on quitte la maison, on croit partir, mais en réalité on garde tout dans la tête : les images, les voix, les odeurs, les souvenirs.
Une fois que j’aurai fini mon aventure, je ferai la grasse matinée, je dormirai enfin, mais je n’élimine rien de ce que j’écris, chaque phrase appartient à ma vie, à ce voyage entre Los Angeles New York.
