Étape 2 – Entrée sur la mythique Route 66

Étape 2 – Entrée sur la mythique Route 66 : chaleur, montagne et trains interminables
Aujourd’hui, mercredi 10 juin, j’ai vécu l’une des journées les plus intenses depuis mon départ.
Après avoir quitté Maka Bana, j’ai roulé une trentaine de kilomètres sur une magnifique piste cyclable bordée de pavillons américains.
Ici, chaque maison raconte une histoire : petites, en bois, toutes différentes, avec un petit mur, des fleurs, un drapeau parfois.
On sent la fierté américaine : un pavillon, une belle voiture devant, un jardin entretenu.
C’est un symbole fort de leur identité, de leur réussite, de leur indépendance.
Sur la route, de belles rencontres : des coureurs, des jeunes qui m’ont demandé des photos, et un cycliste américain qui s’est arrêté en voyant la plaque de mon vélo. Il avait traversé le Mexique et une partie des États‑Unis, et sa femme fait aussi de longues distances. La route crée des liens immédiats.
Puis j’ai attaqué la montagne.
À 12h30, la chaleur est devenue écrasante. Mes pieds ont commencé à souffrir, surtout le côté droit.
Alors j’ai appliqué une technique que j’utilise dans les courses extrêmes :
???? j’ai coupé l’avant de ma chaussure pour supprimer le frottement sur mes orteils.
Un geste simple, radical, mais efficace. Quand on connaît son corps, on sait comment le protéger.
Tout au long du parcours, j’ai roulé entre deux géants :
• à droite, l’autoroute des immenses camions américains,
• à gauche, les trains de marchandises, interminables, parfois longs de plusieurs kilomètres.
Un grondement continu, presque hypnotique, qui accompagne le cycliste comme une respiration mécanique du pays.
En fin d’après‑midi, après plus de 60 km et encore de la montagne devant moi, j’ai décidé de m’arrêter pour récupérer. Demain, d’autres défis m’attendent.
Mais aujourd’hui, un moment symbolique :
Les Alouettes de j’ai rejoint la Route 66, la vraie, l’historique.
Un morceau de légende américaine, inaugurée en 1926, qui reliait Chicago à Santa Monica.
La « Mother Road », celle des migrants, des soldats, des rêveurs, des artistes.
À côté d’elle, une route moderne, plus large, plus propre.
La 66, elle, garde son âme, même lorsqu’elle est délaissée.

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