Étape 9 : Route 66. Los Angeles → New York.

Aujourd’hui, j’ai roulé jusqu’à deux heures de l’après‑midi. La route chauffait déjà comme un four, l’asphalte brûlait sous mes roues, mais j’ai avancé, encore et encore, avec New York dans la tête et le Maroc dans le cœur.
Depuis deux jours, je dormais en camping sauvage, seul dans la nature, avec le vent, les bruits de la nuit, et le ciel comme toit.
Mais aujourd’hui, enfin, j’ai trouvé un vrai camping. Douche. Toilettes. Un endroit pour laver mes affaires, reprendre un peu de force, me refaire une santé.
Rien que ça, c’est un cadeau.
Et pourtant, cette journée est encore plus grande que la route.
Le 17 juin : la sortie de mon livre. Un livre né de mon voyage avec ma femme, du Maroc jusqu’en Chine. Préfacé par l’Ambassadeur du Maroc à Pékin. Un moment énorme pour moi, mais je suis ici, sur mon vélo, loin de Pékin, loin de la cérémonie. J’ai roulé avec un mélange de fierté et de tristesse dans la poitrine.
À 6h du matin, j’ai vu une biche se faire percuter par une voiture. Les gyrophares, les gens qui sortent… J’ai cru un instant que c’était pour moi.
Non. C’était pour elle. J’espère qu’ils vont la sauver.
La chaleur ici, elle te casse un homme. Les Américains, eux, ils vivent avec :
des pick‑ups immenses, des caravanes énormes, de la clim partout, des glaçons comme  depuis Los Angeles. Quand je raconte mon histoire, ils sont curieux. Je croise des milliers de motards, beaux sur leurs machines, musique à fond. Ils sont dans leur monde. Un seul s’est arrêté en neuf jours. Aujourd’hui, un groupe m’a klaxonné. On ne vit pas la même route.
Je ne vois pas d’autres cyclistes aventuriers comme moi. Juste des cactus, des arbres tordus, des rochers brûlants. Les 4x4 passent à fond, chevaliers de la route. Et moi, tic‑tac, tic‑tac, j’avance comme une horloge vers New York. C’est encore loin. Mais je roule pour le Maroc. Je roule pour soutenir mon équipe.
Je roule pour aller au bout.

Étape 9 : Route 66. Los Angeles → New York.

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