Je trace la Route 66 en vélo solitaire, et aujourd’hui, ça a été bien chiant, soyons honnêtes. Le matin commence dans un diner rétro, serveurs usés par le temps, néons fatigués, murs couverts de voitures vintage et de motards Harley qui posent comme des légendes. Toute la déco Route 66 te balance une ambiance d’un autre siècle. Puis la route. Puis les camions. Puis la crevaison. Un morceau de métal invisible, sournois, qui te déchire le pneu comme si la route voulait te tester. J’ai réparé, j’ai râlé, j’ai continué. Parce que c’est ça, avancer.
Ce soir, j’ai planté ma tente à trente mètres d’une quatre voies. Pas de train, mais la circulation fait sa propre musique : moteurs, vibrations, souffle des remorques. Ça me berce presque. Avec toutes les images que j’ai dans la tête, j’ai pas besoin de compter les moutons. La fatigue s’en charge.
Dîner ? Deux œufs durs.
Envie ? Dormir.
Ambiance ? Route, poussière, solitude, et un objectif qui me tient debout.
Et au milieu de tout ça…
Félicitations à moi-même pour l’effort, pour le voyage, pour chaque kilomètre avalé malgré les galères.
Et Maroc, demain, faites vibrer le terrain.
