Il y a des jours comme ça… on prend les choses comme elles viennent, parce qu’on n’a pas le choix. Ce matin, j’étais content de me réveiller à 4h. À 5h15, j’étais déjà sur le vélo, juste avant le lever du jour.
À la sortie du village : crevaison. Je répare, mais je sens que quelque chose cloche. C’est l’axe central de la roue avant. Je fais demi‑tour comme je peux et j’arrive à une station‑service. Là, je tombe sur deux Américains avec un pick‑up et des vélos. L’un d’eux a vécu en Franche‑Comté et parle français. Ils me posent des questions, essaient de m’aider, mais le problème reste le même. Ils appellent un mécano pas trop loin. Heureusement, il accepte d’ouvrir pour moi. Il démonte, change l’axe, remet tout en place.
Mais il est déjà 14h. Trop tard pour repartir. Je trouve un petit hôtel. Et là… le problème revient. Heureusement que je ne suis pas déjà au milieu du désert.
J’appelle le mécano : rendez‑vous demain matin à 9h30.
Résultat : 0 km aujourd’hui. J’ai essayé d’aller en ville pour trouver à manger, mais tout était fermé. Le vent soufflait tellement fort que ça rendait fou.
Demi‑tour.
Ce soir, ce sera pâtes chinoises, une pomme, et les dattes offertes par les Américains.
Comme je n’ai pas roulé, je n’ai pas besoin de beaucoup à manger. C’est la première fois que j’ai autant de problèmes d’un coup. Mais je sais qu’il y aura des jours meilleurs. Patience. Toujours patience.
Le vent souffle d’ouest en est, dans mon dos. Dans l’autre sens, ce serait impossible d’avancer, limite dangereux.
Aujourd’hui, j’ai rencontré trois Américains qui ont essayé de m’aider, dont un qui parlait très bien français. Le mécano a fait ce qu’il pouvait, et il continue demain.
Je m’étais réveillé motivé pour une belle étape…
Finalement, j’ai fait 0 km. Mais l’aventure, c’est aussi ça. La Route 66, ça se mérite. Demain, un autre jour. L’aventure continue.
