Étape 48 : Richmond, Indiana → Ohio

Ce matin, j’ai quitté Indianapolis de bonne heure. La US‑40 s’est ouverte devant moi comme une grande ligne droite, large, quatre voies, avec un passage parfait pour le vélo. Devant moi, le GPS m’indiquait 80 km tout droit, et ça m’arrangeait : ça me permettait de me concentrer sur ce que j’écoutais à la radio, tranquille, sans penser à la direction, parce que je savais que je ne pouvais pas me perdre. Au final, j’ai parcouru 120 km, mais sur une ligne aussi droite, on ne s’en rend presque pas compte.
J’ai traversé un village magnifique, avec des façades anciennes, des magasins bien entretenus, même des dessins superbes sur les murs. J’ai pris le temps de m’arrêter, de photographier les maisons qui m’ont plu. Ce village ressemblait à certains villages européens, ceux où les habitants ont les moyens et la volonté de garder les façades propres, les jardins soignés. Et juste après, un autre village un peu moins entretenu. C’est comme partout dans le monde : ça dépend des gens, de leurs moyens, de leur volonté.
Et puis le maïs. Encore du maïs. Toujours du maïs. Pendant 120 km aujourd’hui, je n’ai vu que ça. Des murs verts, des champs interminables, des couloirs de tiges qui accompagnent la route. Quand je m’arrête, les Américains regardent la plaque de mon vélo : Los Angeles. Ils sont étonnés. Ils me regardent, puis ils regardent mon vélo. Tu viens de là-bas avec ça ? Ils ne savent pas que ça fait 50 jours. Ils ne savent pas les souffrances, les journées de huit à douze heures, la chaleur, le vent, les montées, les moments où je parle seul pour tenir. Personne ne peut comprendre, à part moi.
Un Américain m’a donné une bouteille d’eau fraîche aujourd’hui. Un geste simple, mais qui tombe comme une bénédiction dans cette humidité lourde. J’ai continué jusqu’à la banlieue de Richmond. Le premier motel n’était pas propre, façade triste, réception douteuse. Je suis reparti. Plus loin, j’en ai trouvé un autre, correct. Pas parfait, mais pour une nuit j’accepte. Je dors là ce soir, dans cette dernière ville de l’Indiana.
Demain matin, je change d’État. Le neuvième depuis mon départ de Los Angeles : l’Ohio. Une nouvelle frontière, une nouvelle étape, un nouveau morceau de cette traversée pour la promotion de la Coupe du Monde 2030. Je laisse derrière moi l’Indiana, ses routes droites, ses villages contrastés, ses champs de maïs interminables. Je parle de cet État comme on parle d’un compagnon de route : parfois dur, parfois beau, toujours vrai.
Demain, l’Ohio m’attend.

Étape 48 : Richmond, Indiana → Ohio

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