Aujourd’hui, j’ai parcouru 50 kilomètres. En fin d’après‑midi, je me suis arrêté devant une maison pour vérifier la route sur mon téléphone. Un homme est sorti, accompagné de son frère. Intrigué par mon voyage, il m’a posé des questions, puis m’a invité à entrer.
À l’intérieur, il m’a présenté sa famille. Ils m’ont offert à boire et m’ont proposé de rester dormir. J’ai accepté avec gratitude. Nous avons parlé longuement : en 1991, à l’âge de vingt‑cinq ans, il avait lui aussi traversé les États‑Unis à vélo. Il connaissait la fatigue, la solitude, mais aussi la beauté de ce genre de périple.
Le soir, j’ai partagé le dîner avec toute la famille. Cela m’a profondément touché : depuis le début de ma traversée, je mange toujours seul. Je le répète souvent : il y a des gens formidables partout dans le monde.
Ils m’ont donné des conseils pour la route, avec la sincérité de ceux qui savent ce que représente chaque kilomètre. Ce soir, je dors à Mount Lebanon, en Pennsylvanie. Une petite ville paisible, marquée par l’histoire des communautés immigrées qui ont façonné la culture américaine. Ici, les maisons respirent la tradition, et l’accueil des habitants rappelle que le voyage n’est pas seulement une affaire de paysages, mais surtout de rencontres.
Je me sens en harmonie, comme à la maison. Demain, la route continue.
